L'automne est là. Et même si ces derniers jours rappellent
l'été, par la douceur du temps et par le soleil retrouvé,
la nature n'en continue pas moins son petit bonhomme de chemin, à
pas feutrés de feuilles mortes et d'araignées du matin (chagrin)
ou d'araignées du soir (espoir). Au revoir les longs crépuscules
vespéraux et bonjour les brumes matinales. Mais à chaque
saison ses plaisirs et ses trésors. Il en est un que l'on ne saurait
rater, ne serait-ce que par son format, j'ai nommé "La Citrouille".
Non, Linutil ne s'est pas lancé dans la culture, il en serait bien incapable, mais il connaît un spécialiste de la chose, un artiste du jardinage, un virtuose de la culture maraîchère qui a bien voulu lui ouvrir la barrière de son potager. C'est notre ami Bernard, accompagné de Christiane son épouse, tous deux nivernais de souche, qui vous invitent maintenant à marcher (avec précaution) dans leurs plates-bandes. La citrouille est de la famille des Cucurbitacées, nom générique d'une multitude de variétés allant du potiron au potimarron, en passant par la courge, le pâtisson et autres coloquintes plus ou moins comestibles. Dans le jardin de Bernard, s'agissant de cette espèce, ce sont essentiellement (mais pas que) des potirons et potimarrons que l'on peut cueillir. Lors de la récolte, l'avantage de tels légumes est évident : orange et gros, dans l'herbe verte ils sont plus faciles à repérer que les haricots verts ! Car le "potiron", malgré son nom n'est pas un "petit rond". En effet, et d'une manière générale, quand on évoque la citrouille on imagine un légume imposant. Et bien c'est souvent le cas. Record du monde : 922 kg, en Californie. En Europe, c'est plus modeste : la plus lourde citrouille recensée accuse 617 kg sur la balance ; elle a mis 129 jours à atteindre ce poids et nécessité l'apport de 1,5 tonne de fumier ! Comme quoi ça ne pousse pas tout seul, ces petites choses là…
Les "nôtres" de citrouilles, si je puis dire, sont plus paisibles, plus affables et plus goûteuses que ces figures de carnaval ou ces records du monde. Elles poussent tranquillement sur le gazon, avec persévérance et assurance (certaines tiges faisant plus de 10 mètres !). Bien que je ne l'aie pas observé, je pense qu'ici, comme le dit une légende locale, des petits lutins se promènent les soirs de pleine lune entre les potirons surveillant leur croissance, les arrosant de rosée et les lustrant de leur barbe, afin qu'au matin ils resplendissent dans les premiers rayons du soleil. Et tout ça sous le "regard" de l'épouvantail de service qui monte la garde et orchestre la manoeuvre. Notre visite d'automne se terminera inévitablement devant une assiette de potage brûlant, longuement mitonné au coin du feu. Car ainsi finissent toujours les citrouilles : sur la table en soupe à partager ou sur le bord d'une fenêtre en lanterne, guidant alors l'aventureux voyageur au cœur de la nuit d'octobre. Merci à Bernard et Christiane de nous avoir ouvert amicalement leur jardin extraordinaire et de nous avoir fait profiter de ses richesses.
Bon automne à tous… et comme dit la comptine : "Est rond, est rond, le petit potiron !"
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