Février 2026

 
Les autres N°



POUR UN TAPIS DE SOURIS



A Cosne-sur-Loire vient de s’installer un nouveau commerce, inhabituel et original :

« Ma Boutique 3615 »

L’esprit de cette nouvelle enseigne est bien résumé sur sa page Facebook :

« Un voyage dans le temps, entre souvenirs et créativité… » « … Déco vintage, ambiance rétro. Une expérience hors du temps. »

En effet, de nombreuses reproductions d’objets vintage (années 80-90) sont proposées à la vente, depuis les statuettes des Frères Dalton (Lucky Luke), jusqu’à la silhouette grandeur-nature d’E.T., l’extraterrestre. Florian, le propriétaire, qui est également graphiste, expose à la vente des centaines de créations originales et permet à tout un chacun de personnaliser mug, casquette, tee-shirt, tapis de souris. Tiens ! justement, on avait besoin d’un tapis de souris, objet vintage par excellence à l’ère de l’écran tactile. Alors, on se lance ?

Découvrez donc ci-après les différentes étapes de cette aventure artisanale.


C’est Claudine, mon épouse, qui a eu l’idée de choisir Linutil comme sujet de notre tapis de souris. Et plutôt que de recycler un ancien épisode parmi les 280 (!) publiés jusqu’à ce jour, j’ai préféré en imaginer un nouveau et spécifique, faisant ainsi d’une pierre deux coups : l’épisode du mois et le thème de cette chronique. « Quel fainéant ! » dirait Linutil, qui connaît bien son maître…

Les premières opérations sont donc celles habituellement engagées lors de la création de tout nouvel épisode.


Tout commence par un script, comme au cinéma, décrivant l’action et précisant les dialogues. Pour les épisodes « ordinaires », le récit se déroule habituellement sur 4 cases. Ici, il faut prendre en compte le format particulier du tapis de souris, rectangulaire et plus large que haut. On décide donc de limiter l’épisode à 3 cases, se succédant horizontalement.



 
Le premier jet du dessin est réalisé au crayon noir sur papier quadrillé.

Le quadrillage facilite la mise en place des différents éléments du dessin et l’écriture des dialogues.

Cette version est longuement travaillée, nécessitant parfois des esquisses préparatoires d’après photos ou modèles vivants, en fonction de la difficulté du sujet. Ce brouillon est ensuite encré.
 



 
 
On reporte cette esquisse sur le papier définitif (un papier à dessin blanc, lisse de 250g/m2),
à l’aide d’une table lumineuse.

Le trait, révélé par transparence, est tracé au crayon fin.


Vien ensuite l’encrage, étape importante et minutieuse, car le trait est définitif. J’utilise des crayons feutres indélébiles d’épaisseurs différentes (ceux qui servent aux dessinateurs professionnels de mangas japonais, rien que ça !), ainsi qu’un stylo-plume conçu spécialement pour le dessin.

Une fois le dessin complètement encré, viendra la corvée que tout dessinateur de BD déteste : le gommage ! Il faut effectivement éliminer toute trace de crayon sur le dessin encré. C’est donc à la force du poignet qu’on s’acquitte de cette tâche. Attention au claquage musculaire ! Certains professionnels contournent cette étape en traçant leur esquisse au crayon bleu « inactinique ». C’est une couleur qui ne ressort pas quand on la photographie en noir et blanc ou qu’on la numérise au scanner. Je n’ai pas encore essayé ce procédé, m’en tenant à la méthode traditionnelle.



 
Maintenant, on troque la table à dessin pour l’ordinateur. On numérise le dessin afin d’obtenir une image… numérique ! Bravo, il y en a qui suivent…

Grâce à la tablette graphique (un « crayon » connecté à l’ordinateur), on peut rectifier les erreurs éventuelles, affiner certains détails, déplacer des éléments… Tout est réalisé à la main, sur grand écran.

C’est à ce moment qu’on rajoute le titre de la série et le titre de l’épisode. 


Pour ce projet particulier, j’ai créé 2 fichiers : un pour l’épisode qui sera publié sur le site internet de Linutil et un autre qui va servir à la confection du tapis de souris. Nous nous rendons aussitôt à « Ma Boutique 3615 » où le couple des propriétaires nous accueille de façon fort sympathique et nous permet d’assister aux opérations de fabrication.
 
 
L’image est d’abord inversée, comme pour un cliché d’imprimerie, puis tirée sur un papier spécial dit de « transfert thermique ».

En effet, la technique mise en œuvre ici n’est ni l’impression ni le transfert mais la
« sublimation », la sublimation étant le passage direct de l’état solide à l’état gazeux. 

Une presse, chauffée à 180°, fait entrer l’encre dans le support, rendant ainsi l’image inaltérable.

Sur la photo ci-contre, on voit la presse ouverte, en train de chauffer, avec les feuilles de garnissage en téflon. Le tapis de souris attend son heure, nappé par la feuille d’impression (blanche) où a été reporté le dessin inversé. Derrière la presse, une plus petite permet, suivant un procédé identique, de personnaliser des mugs. 

L’opération est délicate et nécessite précision et précautions du fait de la température dégagée. Gants isolants obligatoires pour la manipulation ! Une fois la température atteinte (180°) et la presse refermée, en à peine 2 minutes, le miracle a lieu :

Linutil se retrouve « sublimé » !


Dès le retour à la maison, le tapis de souris prend sa place à côté de l’ordi, prêt à participer à la création des futures aventures de Linutil !



Ci-dessous et sous forme de fresque inspirée de la Tapisserie de Bayeux (excusez du peu), un résumé des grandes étapes de cette réalisation :

1 : Esquisse sur papier quadrillé
2 : Dessin définitif, à l'encre, sur papier à dessin
3 : Impression du dessin numérisé
4 : Tapis de souris prêt à l'emploi



 
Merci à « Ma Boutique 3615 »

Adresse mail : maboutique3615@gmail.com
Page Facebook : @nostagie3615

Adresse du magasin :  5, boulevard de la République à Cosne-sur-Loire – 58200
Tel. 03 73 93 87 83

Sur une idée de Claudine ROBERT - Texte et Photos Guy ROBERT – Fabrication : « Ma Boutique 3615 » ©Linutil – 02/2026