Juin 2026

 
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Les Jardins de Corbelin

Dans la Nièvre, sur la commune de La Chapelle-Saint-André, se dresse au bord de la rivière « Le Corbelin » le Château de… Corbelin, bien sûr !

La construction date du XIIIème siècle, avec des tours massives et parfaitement restaurées, agrémentée d’un élégant corps de logis du XVIème siècle et de vastes dépendances du XIXème. A cette époque, la sidérurgie et le flottage du bois constituaient l’économie principale de la région.
Les temps ont changé. Les trains de bois ne descendent plus les rivières et les forges se sont éteintes. Le château demeure, posé dans le vallon, au milieu des arbres. Il a été classé aux Monuments Historiques en 1940. Malheureusement, propriété privée, il n’est pas ouvert à la visite. Mais le plus remarquable, ce sont les jardins, et ça tombe bien, car ils sont justement classés "Jardins Remarquables" ! La journée nationale qui leur est consacrée est donc l’occasion rêvée de s’y promener.

Un jardinier, rompu à son art, vous dira qu’il s’agit ici de "jardins à l’italienne" et non "à la française", style plus tardif. Et vous vous interrogerez, à juste titre, sur la différence entre ces 2 manières. Arrêtons-nous un moment sous les ombrages, on vous explique tout.

Dans le jardin à la française, on privilégie les formes géométriques. Le paysage n’existe que par la perspective des massifs, par la symétrie des parterres, par la taille stricte, "au cordeau" des bosquets, des haies, des arbres.

La vue embrasse d’un coup l’ensemble, spectacle maîtrisé et mesuré jusqu’à l’horizon, qui rassure le visiteur par son apparence rationnelle, chaque détail participant à l’effet final voulu par le concepteur.
 

Le jardin à l’italienne est également basé sur la géométrie, mais ménage plusieurs points de vue différents. On passe d’une perspective à l’autre, comme on le ferait au théâtre, en découvrant les multiples décors d’un même spectacle. Par rapport au jardin à la française, le jardin à l’italienne cultive la surprise, l’instant suspendu, l’intime. Dans l’un on s’émerveille de la symétrie des lieux, et de l’art humain domptant la nature, la faisant presque oublier. Dans l’autre, c’est d’abord le cœur qui parle, avant les lois géométriques, le poète avant l’architecte.
 
 

 

… Et on se prend à rêver… A rêver que c'est la fête au Château de Corbelin, à rêver que les chandelles éclairent les espaliers croulant de fleurs.

A rêver que dans les jardins, masques et bergamasques viennent danser autour des fontaines.

Et le soir, cette ombre chamarrée, c’est Arlequin qui vient se pencher sur Colombine, baignée de lune. Tandis que plus loin, sous les bosquets, on entend une mandoline accompagnant le chant flûté que fait le ruisseau sur les cailloux. Et l’on pourrait croire, en regardant le ciel s’y refléter, que l’eau coule entre les étoiles.


Sur une proposition de promenade de Claudine ROBERT - Texte et photos de Guy ROBERT - ©Linutil – Juin 2026